L’instant – la photographie est souvent saisie de l’instant (génitif objectif), et tout autant fille de l’instant (génitif subjectif) : on était disponible, ouvert ; on avait l’appareil avec soi (d’où l’intérêt primordial de l’appareil très compact, qu’on n’hésite pas à emporter) ; on a pris ce qui s’offrait. De ces photos on est à peine l’auteur, me semble-t-il ; l’auteur c’est l’instant – on est là pour remercier.

 

Fruit de l’instant est L’oracle. Il suffit de le comparer à deux prises hors de l’instant pour comprendre qu’ici l’instant est tout – la première photo mérite peut-être son titre ; les deux autres n’ont été conservées que pour les besoins de cette démonstration.

 

 

[Trégor, printemps 2006]

 

Il fallait cette atmosphère d’orage, il fallait que la lumière vienne habiter les courbes implorantes de l’arbre, il fallait qu’elle touche délicatement l’Oiseau.

 

 

Sans l’instant :

 

 

 

 

(toutes deux : hiver 2006)

 

Voilà. Bien sûr, l’instant ça passe vite.

Un oiseau de pierre qui regarde un arbre penché, c’est charmant, mais ça ne vaut pas la photo.

 

Cheers,

 

Archibald