L’ombre.

 

Il y faut la lumière… Une lumière qui se prête au jeu de l’ombre avec le contraste voulu, pour adoucir ou durcir, pour souligner ou effacer. La couleur de l’ombre est de la plus haute importance, de même que sa distribution sur la photo, j’allais dire sur la toile. Voici Zones :

 

 

[Trégor, hiver 2006]

 

S’il n’y avait cette répartition ombre/soleil  suivant cette droite légèrement incurvée vers le dedans, je crois que la photo serait extrêmement banale. Tout est dans l’ascension vers et dans la lumière, au départ d’un fort enracinement dans l’ombre, marqué par le rameau plus gros de la partie inférieure gauche. Les ombres projetées, quant à elles, assurent le mouvement par le léger décollement qu’elles suggèrent. L’arbre n’est pas assujetti au mur.

 

On peut aussi se servir d’ombres sans faire apparaître les objets qui les génèrent ; c’est ce que j’ai fait dans Silène, où les ombres servent d’une part à équilibrer et d’autre part à souligner le brut et le creusé de la matière :

 

 

[Rome, été 2006]

 

On ajoutera que le Silène, qui se trouve à Rome, via del Babuino (le singe étant le Silène en question), passe pour une statue ‘informe’ (le mot du Guide Gallimard consacré à Rome, édition 2003). Preuve s’il en fallait que beauty lies in the eye of the beholder – c’est à mes yeux une œuvre puissante et belle, et j’ose espérer que ma photo lui rend hommage.

 

And I dare you to disagree !

(but you don’t do you ?)

 

Cheers,

 

Archibald