La photo de photo.

 

J’ai dit, je crois, qu’en aucun cas il ne s’agissait de la manifestation de la photo ainsi photographiée, mais d’une autre photo, d’une nouvelle photo. On peut concevoir la photo de photo dans un esprit d’hommage ou d’humour, voire les deux à la fois, comme dans Sur la voie, que je vous reproduis à nouveau :

 

 

[Rome, été 2006]

 

Bien sûr, il y a récursivité dans le concept même de photo de photo. On peut donc continuer, photo de photo de photo, photo de photo de photo de photo, ad libitum… Mais il faut compter avec l’entropie, la perte d’information subie à chaque étage franchi dans la récursivité. On finira (vite) par se lasser.

 

 

La photo de photo a sans doute sa place dans les séries qui tournent autour de l’exploitation intensive d’un objet, comme dans la série intitulée L’objet, consacrée au reflet d’une lampe de bureau dans la vitre d’une bibliothèque, le tout dans le bureau où j’écris ces lignes. En l’occurrence, la photo photographiée est saisie à l’écran, et c’est la perte même d’information, et le jeu avec les axes verticaux et horizontaux, qui font l’intérêt de ces photos, pour autant qu’elles en aient un lorsqu’on les examine hors série, comme vous êtes contraint à le faire ici :

 

 

 

[les deux photos ci-dessus : Marche-en-Famenne, printemps 2006]

 

La photo de photo pose un problème intéressant de copyright. Dès lors que l’identité de la photo photographiée est reconnaissable, on doit admettre un minimum de deux auteurs (on sait ce que je pense de ce concept d’auteur en photographie). Par exemple, je ne pourrais jamais exploiter commercialement Végétale ; on me ferait bien vite remarquer que ma contribution au résultat final est certes importante, mais je passe délibérément au second plan. Pour ma part, le soleil y est aussi pour quelque chose, et la surface vitrée, et l’heure, et mon humeur, et, bien sûr, tout Rome…

 

 

[Rome, été 2006]

 

La photo de photo peut également rendre hommage au cinéma. C’est le cas de Firewalk, construit autour d’un morceau de pellicule (numéroté 13378/25000) du film Twin Peaks, Fire Walk With Me, de David Lynch (1992) (pour les aficionados : the Log Lady is telling Laura about that unquenchable Fire) :

 

 

[Marche-en-Famenne, janvier 2007]

 

Nice to look at other people’s work too, from time to time !

So long,

 

Archibald