Le dépouillé, le simple, le laissé vide versus le foisonnant, le complexe, le rempli : des catégories, pas des valeurs.

 

La fascination du simple est que le réel ne l’est jamais, et que la photo, nécessairement, capte cette complexité. On recherche donc la simplicité, l’univocité là où elle n’est pas. Il y a toujours les détails à voir – la tâche consiste à les faire oublier – travail de la structure, des contrepoids, des harmonies sues et révélées.

 

Les grandes surfaces unies ne manquent pas : mer, ciel, champs, etc. Mais le problème est qu’unies précisément elles ne le sont pas ; elles ne le sont que pour une vision globale, la vision que j’utilise pour vivre, pour me déplacer, etc. Mais la visée de la photo est celle de la contemplation – j’ai tout le temps, je prends tout le temps. D’aller voir dans les coins, le long des bords. De regarder si ce ciel est aussi uni qu’il le semble, du même bleu de part en part (bien sûr que non), comment il réagit à ce que la photo lui impose, la chose, si petite soit-elle, qui doit souligner l’immensité, l’uni, et qui finit par se révéler centre d’émissions, générateur de changement, empêcheur du Même.

 

Je crois qu’il faut prendre son parti de cette complexité de la photo, ou mieux en tirer parti pour réinstaurer le Simple à un autre niveau, celui de la composition, de l’équilibre.

C’est ce que j’ai tenté de faire ici :

 

 

[Équilibre : Waillet, printemps 2006]

 

ou encore ici :

 

 

[Deux plans : Trégor, printemps 2006]

 

et ici :

 

 

[Signe 9 : Trégor, hiver 2006]

 

J’ai aussi tenté de travailler par la métaphore cette tension entre le simple du sujet et le complexe de la photo, dans Tension précisément

 

 

[Nîmes, printemps 2006]

 

Ici interviennent aussi l’esthétique du reflet et celle de l’ombre, qui s’ajoutent au jeu des obliques presque horizontales et de l’oblique presque verticale. Le tout est finalement très complexe, mais l’impression qui se dégage reste, je l’espère, de l’ordre de l’universel.

 

On peut aussi traiter le foisonnant, le confus, sans verser dans le chargé ou l’anecdotique. C’est ce que j’ai voulu faire dans L’entrée. Le titre tire la photo du côté du mythe, qui lui-même, quel qu’en soit le contenu, est organisateur :

 

 

[Serinchamps, printemps 2006]

 

See you soon,

 

Archibald