La photo est indicielle, mais que sait-on de la nature de l’indice quand on regarde la photo ? Je m’attacherai dans cette livraison aux photos dont on n’est pas censé reconnaître – ou du moins reconnaître immédiatement – non pas le caractère indiciel, indéniable dans de telles photos, mais la nature précise , voire l’identité, de l’indice. Qu’est-ce qui a été photographié, voilà la question supposée rester en suspens.

 

Il y grand danger à donner la solution : cela a pour effet immédiat d’arrêter le flux – on ne regarde plus la photo, car on sait à présent ‘ce que c’est’ . Or il faudrait ne même pas avoir envisagé la construction d’une série de conjectures relatives à l’indice. Cette activité est externe à l’interprétation de la photo, qui doit être regardée pour elle-même, dans un premier temps à la lumière de son titre, et puis sans même cette aide (ou cette limite).

 

Je propose la série des Jeux de l’arène. Résistez au désir de  savoir ce que c’est ; quand vous le saurez, vous serez peut-être moins ouvert à l’éventail des interprétations suggéré par le titre.

 

Les jeux de l’arène, c’est tout simplement le domaine du sable et des filets, du grain et du réseau.

 

 

On a ici également la suggestion de vagues, de flots ; aussi celle de bords, de frontières ; d’une carte.

 

 

 

Ici toujours le mouvement du flot, mais aussi une vue verticale, avec son sommet ; la conquête d’une pente.

 

La troisième photo appartient à la série, mais possède un titre propre qui l’oriente dans un tout autre sens. Il s’agit d’Art pariétal :

 

 

[les trois photos de cette livraison : Trégor, printemps 2006]

 

On a donc ici résolument une orientation haut/bas, et la promotion d’une représentation de l’ordre de l’art. Il doit s’agir de l’avant d’un animal préhistorique, et la réticulation devient convention pour la représentation de la peau et des poils. On touche à la frontière concret/abstrait de l’art primitif (et moderne).

 

Si on insiste encore pour savoir à tout prix quel est chaque fois l’objet photographié, eh bien c’est qu’on n’a pas compris la leçon, il faudra que quelqu’un d’autre l’enseigne mieux.

 

See you soon,

 

Archibald