On ne peut quitter Rome sans une (mais non, plusieurs !) promenade(s) sur l’Aventin, douce colline, pour emprunter les mots du poète (vous devinez déjà lequel…). Il y a là les jardins attenant à Sainte-Sabine, et leurs orangers. Et cette église est si belle, et ces jardins si beaux, qu’on ne ramène pas grand-chose en fait de photos de quelque valeur.

 

Mais allons-y. Au moins une ou, disons, deux. La première s’intitule Image et va me servir à montrer qu’une photo PEUT être une image, mais je reconnais qu’on frôle vite le joli, et qui verse dedans perd son âme (de photographe) et peut aller jeter son appareil dans le Tibre (buttarlo in fiume). Voici donc Image :

 

 

La deuxième photo est prise à l’intérieur même de Sainte-Sabine et s’intitule Une longue nuit :

 

 

[ces deux photos : Rome, Aventin, été 2006]

 

Je trouve que l’éclairage convient bien au sujet et à son titre. Ce qui est mis en valeur, c’est la grande sérénité de ce sommeil. Il attendra ce qu’il faut, sûr d’être du côté des brebis (cf. le Voca me cum benedictis, où Mozart est à un sommet – là où il aime se tenir, il est vrai…).

 

Temps de passer au texte, et désolé de ne pas avoir de chat pour illustrer la première partie (et pourtant, ils ne manquaient pas ; mais les mots ne sont pas mal non plus quand il s’agit de faire voir) :

Rose Églantine
les chats des marchés de Trajan
amaigris par les amours
devraient nous faire réfléchir

peut-être

mais il faudrait que ce soit
vraiment l’amour
qui les a faits maigres
et que de surcroît
ils n’en soient pas
secrètement contents

non, j’irais plutôt prendre leçon
sur l’Aventin douce colline
aux Jardins de Sainte-Sabine
où seules sont amères les oranges

 

Je vous avais bien dit que le ‘douce colline’ n’était pas de moi ;)

 

Cheers,

 

Archibald