Jouxtant le cimetière des Accatolici se dresse la célèbre pyramide de Caïus Cestius et son à présent non moins célèbre refuge pour chats de tout poil. On m’en voudrait (personnalisons : vous m’en voudriez…) de ne pas avoir été y jeter un coup d’objectif. J’ai d’abord essayé de l’extérieur des murs, plaqué à la muraille par le trafic qui, même en plein mois de juillet, ne semble pas précisément en vacances. Je ne pouvais éviter le passage des véhicules – j’ai fait contre mauvaise fortune bon cœur, et attendu que passe quelque chose de – à mes yeux du moins – de photogénique par contraste, disons. Voici le résultat :

 

 

Cette photo vaut par son déséquilibre, c’est-à-dire par l’absence totale d’une qualité que l’on attend légitimement de toute photo. Autrement dit, elle n’est pas à mettre entre les mains de n’importe qui… Mais pour celui qui voit plus loin qu’une esthétique reçue… foin de justifications ! Si on n’aime pas, on préférera la suivante, prise dans toute la quiétude qu’offre notre cimetière bien connu. Là, j’ai eu tout le loisir de choisir le cadre, d’équilibrer les volumes, etc. Voici le résultat :

 

 

Mais ces deux photos ne me convainquent en fin de compte pas vraiment. Je leur préfère – et de très loin – Pointe et pluie :

 

 

J’espère qu’on partage ce jugement. Pointe et pluie joue sur le double mouvement et les oppositions rigide/flexible et ascendant/descendant, soulignées par le titre. Le fait que la pointe de la pyramide soit cachée ne me gêne pas du tout, bien au contraire ; elle n’est que plus acérée d’en être devinée.

 

Et les chats ? Bien, tout d’abord les chats se cachent ; j’intitule donc la photo suivante Les chats se cachent :

 

 

Ici, l’opposition est toute de lumière, et à la pyramide est rendu son rôle de monument funéraire.

 

Bon, ces chats, tout de même ? Ce ne sono, dei gatti, oppure no ? Ma certo che ce ne sono… Eccone uno, che di fotografia pare s’intenda come nessun altro…

 

 

Bon, la photo est archi( !)-banale mais la bête était sympa, que voulez-vous…

 

[toutes les photos de cette livraison : Rome, été 2006]

 

See you all next week,

 

Arcibaldo